Eurythmie

Des phénomènes inédits de bioluminescence interrogent la communauté scientifique. Des roches émettent de la lumière. Entre janvier 2020 et février 2022, 53 manifestations similaires ont été répertoriées à travers le monde.
La bioluminescence, déjà connue chez des milliers d’espèces – essentiellement dans le monde marin – est observée pour la première fois chez des organismes inertes. Dans le monde animal on assigne a minima trois fonctions à cette production lumineuse : attirer des proies, repérer un prédateur, favoriser la reproduction. Or, en ce qui concerne le monde minéral, l’état actuel des connaissances ne permet pas de déterminer le pourquoi de cette réaction. Ces découvertes alimentent les débats autour de l’intelligence et la communication du vivant.
Elles questionnent les rapports qu’entretiennent l’humain et le non-humain. Pour Adrian Petrescu, chercheur à l’université de Bucarest, ce phénomène de bioluminescence peut s’envisager comme une communication visuelle et serait le signe de l’élaboration d’un langage commun.

Eurythmie, expérience visuelle,* révèle la présence et l’existence d’un monde silencieux qui nous semblait inerte. Eurythmie cherche à rendre sensible l’apparemment insensible, à rendre visible le difficilement visible. On ne peut pas voir pousser les plantes, voir se modifier les roches. Leur temps n’est pas le nôtre. Eurythmie, fiction scientifique, rend accessible la temporalité des non-humains au spectateur. Un dialogue peut s’engager.
A l’instar de ces organismes bioluminescents qui nous font signe, Eurythmie capte notre attention et nous invite à un prendre soin, à questionner notre savoir-être au monde, à vivre cette symbiose.

2022

(*) : Tirages photographiques montés sur un dispositif lumineux qui génère de légères variations d’intensité. Ce système d’éclairage sans alimentation sur secteur, est dissimulé au spectateur à l’intérieur d’un cadre. Seuls certains éléments de l’image laissent passer la lumière.